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La chimie/parachimie ne fait pas de vague

La prudence domine dans le secteur. Certes, les intentions d'embauche augmentent pour 2005, selon le dernier panel de l'Apec : 13% des entreprises prévoient d'augmenter leur effectif cadre... mais elles sont aussi 13% à envisager une compression de cet effectif. Porté par ses marques, Procter & Gamble tire son épingle du jeu.
Trois questions à Valérie Le Bris, chargée du recrutement chez Procter & Gamble en France (108 000 salariés dans le monde, sans compter le rachat de Gillette, encore en discussion).
 
  La lettre Carrière : Comment se porte l'entreprise ? Quelles sont vos perspectives de développement ?
Valérie Le Bris : Procter & Gamble est l'une des rares entreprises à avoir progressé sur les marchés difficiles des lessives, des détergents et de l'hygiène beauté. Ces marchés sont en effet marqués par la percée du hard discount. En 2004, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 51,4 milliards de dollars dans le monde, en hausse de 19% par rapport à 2003. Et nous espérons rééditer ce taux en 2005. Nous comptons par exemple progresser dans les pays en développement comme le Mexique, le Brésil, la Turquie, l'Arabie Saoudite.
Plus de la moitié de nos ventes est assumée par seulement 16 marques, chacune rapportant au moins 1 milliard de dollars par an (contre 10 il y a dix ans). Notre force réside dans une politique d'innovation très forte, sur le produit autant que sur l'emballage et la communication en magasin. 3,5% du CA est consacré à la R&D chaque année.
En France, le groupe a signé 1,67 milliard d'euros de chiffre d'affaires, en croissance de 3% par rapport à 2003.
    La lettre Carrière : Les recrutements suivent-ils ce mouvement ? Votre stratégie est-elle toujours d'attirer les jeunes diplômés et de les former à la culture "proctérienne" ?
Valérie Le Bris : Effectivement, 90% des cadres que nous intégrons sont des débutants. Sachant que les cadres représentent déjà 32% de nos 2 048 employés en France. Cette année, nous prévoyons d'embaucher 130 personnes, dont 95 cadres (110 en 2004, 66 en 2003). Nous avons pour cela noué des liens privilégiés avec 13 écoles de commerce et 7 écoles d'ingénieurs, en leur proposant notamment des stages. Mais nous apprécions aussi les parcours universitaires.
C'est le département des ventes qui recrute le plus (60% des embauches), puis le marketing, les finances et la logistique, au siège et en usines. Car nous avons quatre usines en France : à Amiens, Blois, Orléans, Longjumeau. Auxquelles s'ajouteront celles de Sarreguemines et de Poissy, en cours d'absorption après le rachat des shampooings Wella en 2003. Et nous avons aussi besoin d'ingénieurs de production.
Quant à l'esprit "proctérien" dont vous parliez, ses valeurs sont le leadership, l'engagement personnel, l'intégrité, la passion de réussir, la confiance. Dans un seul objectif : améliorer la vie quotidienne des gens.
    La lettre Carrière : Quels salaires pratiquez-vous, et quelles opportunités de carrière offrez-vous ?
Valérie Le Bris : Un cadre débutant touche au minimum 32 500 euros annuels. Les premières semaines, il a déjà un plan de travail, des responsabilités. Et il bénéficie d'un parcours d'intégration bien balisé. Un site intranet spécifique lui fournit des informations pratiques sur la société, au niveau mondial, européen et hexagonal (histoire, organigrammes, produits, parcours professionnels possibles etc.) Puis, après six mois, il suivra une formation de deux jours sur la vie de l'entreprise, puis d'autres axées sur son métier ou sur le management. La politique maison favorise les promotions dans la filière où le candidat est rentré, afin de développer ses compétences. Mais il peut demander une affectation provisoire sur une autre fonction, s'il veut acquérir une expertise particulière.
La vente, trop méconnue, attire peu les jeunes... or, nous offrons des carrières intéressantes. Un débutant démarrant comme chef de secteur, pour vendre les marques auprès des supermarchés ou hypers, obtiendra vite une fonction d'encadrant, puis évoluera vers des postes de responsable clients ou responsable développement des ventes. Jusqu'à devenir un jour directeur général des ventes. Un beau tremplin pour être patron de filiale à l'étranger ou gagner le siège américain de Cincinnati.

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