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Coup
de mou dans le caoutchouc
Les industriels du secteur plastique/caoutchouc n'auront guère
été optimistes en 2004. Parmi eux, seulement un
sur cinq a augmenté son effectif cadre, d'après
le dernier panel Entreprises de l'Apec. Michelin, le leader
mondial du pneumatique, continue pourtant de recruter en France
pour ses postes techniques. |
Trois questions à Mathieu Chardin,
responsable chez Michelin du recrutement pour la France.
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La lettre Carrière : Comment
se porte le groupe ? Quelles sont vos perspectives de
développement ?
Mathieu Chardin : Michelin est le leader mondial
du pneumatique, avec 20,1% de parts de marché,
devant Bridgestone (18,4%). En 2003 (notre dernière
publication disponible), notre chiffre d'affaire s'élevait
à 15,3 milliards d'euros, en croissance de 5%.
Le groupe compte environ 127 000 salariés
dans le monde, dont un quart en France. La moitié
des pneus que nous fabriquons est exportée. 60%
de nos effectifs français sont rattachés
à la production. Nous employons environ 4 000
chercheurs et développeurs à Clermont-Ferrand
et plus de 1 000 commerciaux. En 2004, nous avons recruté
200 personnes. Nous comptons encore en embaucher 300 en
2005. |
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La lettre Carrière
: Quels sont les profils qui vous intéressent
? Avez-vous des écoles cibles ?
Mathieu Chardin : Quand nous cherchons des salariés
confirmés, nous exigeons 7 ou 8 ans d'expérience.
Mais, rassurez-vous, les deux tiers de notre volume d'embauche
sont destinés aux juniors. Sans distinction d'école,
car nous favorisons la diversité. Nous avons en
général besoin d'ingénieurs pour
la production (management, organisation industrielle,
qualité, maintenance), mais aussi d'experts en
physique, chimie, mécanique et thermodynamique,
pour notre centre de recherche. Les diplômés
en école de commerce occuperont des postes de commerciaux,
responsables de comptes ou de marketing.
En tant que recruteur, j'apprécie les candidats
qui ont de l'ambition et qui ont envie de développer
leurs compétences. Nous dépensons 5,4% de
notre masse salariale en formation, soit pour accompagner
nos collaborateurs sur divers métiers, soit pour
les initier aux techniques de management. |
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La lettre Carrière
: Quelles sont les conditions pour progresser ? Quels
niveaux de salaire pratiquez-vous ?
Mathieu Chardin : Chez nous, un junior commence
toujours par engranger une expérience de terrain
de 12 à 18 mois. Dans les dix ans qui suivent,
il doit acquérir trois compétences fondamentales.
Ainsi, un jeune diplômé d'une école
de commerce prendra en charge, successivement, la gestion
d'une marque, celle d'un compte-clé, puis celle
d'une équipe. Ceci pour le préparer à
la fonction de directeur commercial dans un pays. Un ingénieur,
lui, débutera en fabrication comme chargé
de l'organisation industrielle, puis s'occupera du service
du personnel d'une unité avant de tenir un poste
de chef d'atelier. Avec en ligne de mire un poste de directeur
d'usine.
Le groupe affectionne la mobilité internationale.
Actuellement, 15% de nos 6 000 cadres dans le monde
travaillent dans un pays qui n'est pas le leur. Je suis
moi-même parti trois ans et demi en Scandinavie.
J'ai suivi, avec mon épouse, des cours de suédois,
nous avons été aidés à chercher
une maison et, au retour, un poste m'attendait. Et l'expatriation
concerne aussi les techniciens.
Pour un cadre débutant, le salaire varie de 30 000
à 38 000 euros annuels. Pour les bac+2, la
fourchette est de 20 000 à 28 000. Nous
offrons aussi un système d'intéressement. |
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