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«Le principe est qu'en matière de droit
social la preuve est libre. Tous les supports sont donc
recevables, y compris les courriers électroniques.
Il y a toutefois quelques règles à respecter
pour qu'ils soient plus crédibles. D'abord, répondre
systématiquement à un mail reçu,
en adoptant la stratégie du petit train (chaque
courrier électronique reprend le précédent).
Ainsi, votre chef aura plus de mal à mettre en
doute l'existence de l'un de ces messages.
Ensuite, pour qu'il y ait harcèlement par mail,
il ne suffit pas d'en recevoir plusieurs par jour. Car
un manager peut très bien choisir de communiquer
de cette façon avec ses collaborateurs, plutôt
que d'utiliser le téléphone ou d'aller
les voir. La quantité de mails ne suffit pas
à constituer le harcèlement.
Ce qui compte plus encore c'est la nature, le contenu
et le ton de ces mails : il peut y avoir, dans
ces courriers électroniques, des termes équivalents
à une inélégance, à des
cris, bref à de l'agressivité
Cela peut être le cas si trois critiques se suivent,
crescendo, sans explications.
Un conseil : pensez à sauvegarder, au quotidien,
tous vos mails. Toutefois, si vous n'avez pas eu le
temps de vous constituer un dossier tant que vous étiez
encore dans les murs de l'entreprise, il reste toujours
une solution de secours, un peu plus compliquée :
la plupart des sociétés sauvegardent les
mails pour des questions de sécurité,
vous pouvez très bien demander à votre
ex-employeur d'accéder à ces copies. S'il
s'agit de vos courriers électroniques, l'entreprise
est tenue de vous les fournir.
Enfin, si l'entreprise nie l'existence d'un mail, vous
pouvez demander à votre ex-employeur de vous
fournir les logs (ou traceurs) : les mails envoyés
laissent systématiquement des traces que peut
vous fournir le service informatique.»
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