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«D'emblée, chaque membre de l'équipe
va tester vos connaissances dans son domaine de prédilection.
C'est inévitable. Ne vous laissez pas piéger
en prétendant avoir des compétences techniques
que vous ne possédez pas. Vous vous décrédibiliseriez.
Vous n'êtes pas tenu d'être omniscient,
ni d'avoir réponse à tout. Et vous n'allez
pas rattraper dix ans d'études dans chacune des
spécialités couvertes par vos collaborateurs.
Insistez plutôt sur l'aspect managérial
de votre poste. C'est cette fonction qui asseoit votre
légitimité.
Réfléchissez d'abord à votre valeur
ajoutée. Au quotidien, ces pros se débrouillent
seuls, et peu importe comment... mais ils ne tracent
pas de cap ni d'orientation à long terme. A vous
de dégager les priorités, d'allouer les
ressources et de fixer les résultats, les objectifs
et les délais. Créez des tableaux de bord,
des indicateurs. Exigez des reportings réguliers
et clairs, excluant tout jargon.
Autre atout dans votre manche : vous êtes
le coordonnateur. Grâce à vous, l'information
circulera parmi ces experts qui, sinon, travailleraient
isolés. Vous gérez également les
interfaces avec les autres services et avec les dirigeants.
Du coup, vous rendez votre équipe visible et
faîtes connaître ses travaux. Défendez-les
! Cela cimentera le groupe.
Pensez, en parallèle, à acquérir
un niveau d'information suffisant sur ces spécialités
qui vous échappent. Vous y gagnerez chaque fois
que vous devrez faire un choix technique ou donner votre
point de vue. Colloques, salons, réseau scientifique,
copains, tout est bon pour apprendre. Ne vous interdisez
pas d'accompagner un collaborateur sur le terrain, à
condition d'expliquer pourquoi : par l'écoute
et l'observation, vous voulez comprendre son job. Vous
tisserez une relation de confiance. Et puis, cela évitera
de vous faire raconter n'importe quoi. Soyez patient.
S'installer dans ce rôle de manager prendra plusieurs
mois. C'est le prix à payer pour réussir.»
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