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«Que faire face à un salarié indiscipliné ?»

«Responsable de production dans une usine automobile, je dois faire face à l'indiscipline de l'un de mes collaborateurs. Comment réagir ? Quelles sanctions dois-je prendre ?»
Me Guy Lautier, avocat spécialisé en droit du travail et auteur de "Démission - Départ négocié - Licenciement - Retraite - Sanction" (éditions Maxima).
«Rassurez-vous : vous n'êtes pas le seul à avoir ce souci. Je constate aujourd'hui une recrudescence de problèmes de comportement : non-respect des horaires, tenues non correctes, refus d'obéissance, etc. Et les chefs d'entreprise attendent de leurs responsables de service qu'ils fassent respecter ces règles de vie en commun.
Pour réagir, vous disposez de toute une gamme de sanctions graduées. Commencez, bien sûr, par rappeler au moins une fois verbalement la norme à respecter.
Le véritable premier degré de sanction prend la forme d'une lettre, qui emploie ou non le terme d'"avertissement", mais qui doit préciser le reproche (par exemple, "Je vous rappelle que le reporting doit systématiquement partir le 28 de chaque mois"). En général, c'est le responsable hiérarchique qui se charge de cette tâche.
Si le fautif continue, il vaut mieux passer la main à la direction des ressources humaines. En effet, les autres sanctions impliquent des règles de procédures très strictes. Elles consitent en premier lieu à envoyer par recommandé (ou à remettre contre décharge) un avertissement à l'intéressé. Mais ce courrier doit être précédé d'un entretien où le manager explique ses récriminations et écoute les arguments de son collaborateur. Parfois, les RH peuvent aller jusqu'à la mise à pied disciplinaire. Là encore, elle doit être signifiée par courrier après entretien préalable. Le salarié restera de trois à cinq jours chez lui sans être payé.
S'il arrive que l'employeur sanctionne juste pour marquer le coup, les deux avertissements sont généralement suivis d'un licenciement ! Un licenciement "classique", voire pour faute grave ou faute lourde. Ce dernier cas implique une intention de nuire de la part de l'intéressé. J'ai eu récemment l'exemple d'un salarié pris sur le fait en train de crever les pneus de son chef : là, la faute lourde était évidente !»

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